Premier bilan concernant l’auto-édition

Publié le lundi 14 septembre 2020 dans « L’auto-édition »

Après quelques années d’auto-édition sur l’ensemble de mes livres, je me devais de faire un bilan ! Pourquoi ? Peut-être pour aider les nombreux écrivains dans mon cas, peut-être pour réaliser une simple introspection, peut-être pour réfléchir sur les prochaines étapes de ma vie en tant qu’écrivain ou peut-être, tout bêtement, parce que d’autres le font… allez savoir… Ce qui est sûr, c’est que je me devais d’apporter ma pierre à l’édifice dans ce monde très dur et incertain qu’est l’auto-édition.

L’auto-édition, un mot qui peut faire peur, car derrière ce mot se cache énormément de travail, de doutes et de remises en question. Contrairement à une maison d’édition standard qui va gérer votre livre et l’ensemble des rouages qui vont mener à sa vente (quand elle le fait bien !), l’auto-édition va vous obliger à gérer vous-même tout ce qui suit le fameux point final, vous savez, celui que vous appliquez avec bonheur lorsque, enfin, votre manuscrit est terminé : le synopsis, la correction, la mise en page, la création de la couverture, la mise en place sur les plateformes d’édition, en parler à droite, à gauche, sur les réseaux sociaux, la création d’un Blog et j’en passe. Soit le marketing au sens large du terme. Tout va être pour votre pomme et cela, croyez-moi, n’est pas une mince affaire.

Quelles sont les solutions ?

Je dirai que, selon vos compétences en la matière, vous avez deux choix :

Passer par un prestataire de service

Attention : beaucoup de prestataires de service se font passer pour des maisons d’édition alors qu’elles n’en sont pas ! Une vraie maison d’édition vous offrira un contrat à compte d’éditeur. Ce qui signifie que la maison d’édition paiera pour l’ensemble des prestations relatives à votre manuscrit (mise en page, couverture, corrections, réseaux de distribution…). La maison d’édition prend tous les risques.

Un prestataire de service vous offrira un contrat à compte d’auteur, autrement dit, il vous fera un devis dont le montant variera selon les prestations que vous choisirez, mais c’est vous qui paierez tout. Vous mettez la main à la poche, vous prenez tous les risques. Mais si vos connaissances en informatique sont proches de zéro et si vous n’avez personne dans votre entourage prêt à vous offrir son aide, alors c’est sûrement la solution vers laquelle vous devrez vous tourner.

Si, au contraire, vous êtes comme moi, si l’informatique ne vous fait pas peur, alors vous pouvez :

Tout faire vous-même

Dans « tout faire vous-même » j’entends la majorité des choses. Personnellement, j’ai fait réaliser les couvertures de mes livres pour une somme très modique. Tournez-vous par exemple vers les graphistes extrêmement talentueux présents sur des plateformes comme Deviant Art, vous pourrez leur acheter les droits d’une photo pour une centaine d’euros et si vous êtes aimable et leur donnez les dimensions de votre jaquette, ils vous la mettront aux normes avec les textes requis (titre, nom d’auteur et quatrième de couverture), et avec la police de caractère et les couleurs qui conviennent qui plus est. Il est essentiel d’appliquer une jolie couverture à votre livre et, je le rappel, la conception de la jaquette fait partie intégrante d’un bon marketing. Il faut qu’elle soit aguicheuse.

Pour le reste, j’ai tout géré moi-même. Étant programmeur, webmaster et designer à mes heures perdues, Word, Photoshop et tout le tintouin ne me fait pas peur, c’est même l’inverse : un pur plaisir. De ce fait, l’ensemble du processus ne fut qu’une simple formalité, mais encore faut-il le faire correctement.

Mais trêve de bavardages, ne nous éloignons pas du sujet qui nous intéresse : qu’en est-il des ventes ? Suis-je satisfait ? Mais avant de répondre à cette question, un petit historique…

Petit historique

Mon premier roman, « Léa, la petite princesse terrienne », est sorti il y a maintenant cinq ans, et même si je l’ai rapidement mis sur la plateforme KDP – Kindle Direct Publishing – d’Amazon, j’ai passé plusieurs années à le retravailler et à étendre son univers pour aboutir, finalement, à un résultat final plus que satisfaisant (en tout cas pour moi). Léa, la petite princesse terrienne, est un roman de science-fiction proprement original et imaginé comme un film. Certains lui ont collé l’étiquette de space opéra, un savant mélange de science-fiction, d’action et d’aventure, avec une petite touche de conte de fées pour enfants, une histoire de princesse, à la fois délicieuse, tendre et émouvante, mais ne vous y trompez pas, le livre a sa dose de violence et est de ce fait proscrit au moins de treize ans. Le livre aurait d’ailleurs pu être écrit comme un scénario de film, orienté blockbuster, mais je reviendrai dessus… car des surprises pourraient arriver…

Léa, la petite princesse terrienne

La reine de Loumina

S’ensuivit un an plus tard une suite intitulée « La Reine de Loumina ». On y retrouve nos héros préférés dans de nouvelles aventures rocambolesques : un raz-de-marée de trouvailles et d’originalité pour un résultat unique et percutant. Certains diront que « le livre décoiffe », d’autres parleront de « renouvellement du genre »… En tout cas, un ensemble de critiques vraiment bonnes, si bien que l’année d’après, j’ai décidé de rassembler les deux volumes en un seul intitulé « Loumina ».

L’ensemble des œuvres est disponible sur Amazon.

Alors ce fameux bilan, qu’en est-il ?

Un peu de patience !

Le décor

Je suis désolé, mais avant de parler de bilan, je voudrais planter le décor. Où s’est vendu le livre ? Quelles plateformes ? Quels avantages ? Quels outils ? Quel prix ?

Les plateformes

Personnellement, j’ai choisi KDP Select d’Amazon. J’ai été très déçu par le service de la plateforme FNAC qui non seulement n’a pas le trafic d’Amazon, mais en plus propose des paiements à partir de 100 euros de commission… rédhibitoire pour moi (cela a peut-être changé depuis !).

Kindle Direct Publishing

La dominance d’Amazon sur le marché de l’auto-publication est incontestable. Je préfère éviter de m’éparpiller pour des pacotilles.

Mon background

Je possède un roman, « L’Enfant Loup », publié par une maison d’édition. Je pense, par retour de courrier, que parmi les lecteurs de L’Enfant Loup, un certain nombre vont s’essayer à mes romans auto-publiés. Une manne à ne pas négliger.

L'Enfant Loup

Coup de pouce Amazon

Amazon a sélectionné « Léa, la petite princesse terrienne » pour intégrer son programme Prime Reading sur une période de six mois. Et même si Amazon est avare en termes de statistiques concernant ce programme, cela représente un avantage non négligeable sur le nombre de lecteurs qui, s’ils sont satisfaits, n’hésiteront pas à acheter vos autres livres. Du coup, durant cette période, les ventes de « La Reine de Loumina » et de « Loumina » ont fortement augmenté.

Amazon Prime Reading

Traduction en anglais

Le livre a pu bénéficier d’une traduction en anglais sous le titre « The Earthling Princess » disponible sur la plateforme Amazon.com.

The Earthling Princess

Les prix

« Léa, la petite princesse terrienne » est au prix de 2,99 €. Sa suite, « La Reine de Loumina » est également à 2,99 €. Le roman « Loumina », qui rassemble les deux volumes précédemment cités, coûte 3,99 €.

Les autres promotions

Via KDP – qui vous oblige à ne proposer votre livre que sur la plateforme Amazon – vous avez deux types de promotion : Kindle Countdown Deal et Promotion Livre Gratuit. Je pense honnêtement que ces promotions n’apportent pas grand-chose. Le Livre Gratuit est à mon avis à oublier, au mieux des pirates pourront vous prendre votre livre pour le mettre à disposition sur des sites gratuits et illégaux. Kindle Countdown Deal est la promotion la plus intéressante mais elle n’est disponible que pour les marchés US et UK (à savoir États-Unis / Canada et Royaume-Unis), donc aucun intérêt pour le marché français. À quand une adaptation !

Objectif accompli ?

Je ne sais pas si on peut parler d’objectif atteint puisque je ne m’étais pas vraiment fixé d’objectif, mais le bilan est plutôt positif, et cela dans plusieurs domaines.

Financièrement

Financièrement d’abord, puisque comme je vous l’ai dit, j’ai tout fait moi-même, sauf les quelques centaines d’euros que m’ont coûté les couvertures. Donc les gains moins les dépenses donne un chiffre grandement positif.

Personnel

La satisfaction d’avoir atteint un nombre important de lecteurs. Lorsqu’on est écrivain, être lu est le principal objectif après tout. Surtout lorsque l’écriture n’est pas notre métier. Je pense que vous serez d’accord avec moi si je vous dis que l’appât du gain reste marginal.

Les critiques

Il est relativement dur et rare d’obtenir des critiques. Ne vous attendez pas à en recevoir tous les jours, ni même tous les mois selon votre volume de ventes. Peut-être que sur cinq-cents lectures vous aurez une critique ? Si vous avez plus de détails sur ces statistiques, n’hésitez pas à m’en faire part.

En tout cas, pour ma part, les critiques se sont révélées plutôt positives et cela contribue à améliorer les ventes. Avec un mauvais livre – et Dieu sait que je n’aime pas employer le mot « mauvais » – et vous vous enlevez toute possibilité d’être approché par Amazon pour diverses promotions ou encore d’être approché par un éditeur à la recherche de petites pépites auto-publiées.

Maison d’édition

Une petite maison d’édition m’a proposé de publier mon livre « Loumina », une offre amicalement déclinée, car je ne pensais pas que cette maison d’édition ait la force de frappe nécessaire pour vendre plus que ce que je vends actuellement via l’auto-édition, sans parler du fait qu’en passant par une maison d’édition, un auteur touche moins de pépètes par exemplaire (papier ou électronique) vendu.

Les chiffres dans le vague

On va donner les chiffres à la louche. Sur l’ensemble des trois livres, ce sont quelques milliers de livres brochés et ebooks vendus. Ajouté à cela des dizaines de milliers de pages KENP (Kindle Edition Normalized Pages) lues par les clients qui ont emprunté mes livres sur KU (Kindle Unlimited) et KOLL (Kindle Owners’ Lending Library). Pas de quoi devenir milliardaire, ni même millionnaire, pas de quoi quitter son emploi afin d’embrasser une carrière d’écrivain, mais un bon complément alimentaire.

Aller plus loin

Dans un méli-mélo d’idées, je dirais que non, la science-fiction n’est pas mon domaine de prédilection. J’aime à m’essayer dans des genres différents. Mon troisième roman, « L’Enfant Loup », est une aventure romanesque dans un contexte historique, doublé d’un thriller. Mon dernier roman, « Matriochkas », est une philo-fiction métaphysique plutôt émotionnelle, un drame sur fond de cirque russe, de guerre et d’espionnage. Soit dit en passant, un livre assez difficile à catégoriser…

Matriochkas

En vrac, mes aventures se sont soldées par :

  1. Une proposition d’édition refusée,
  2. Un livre édité,
  3. Une traduction en anglais,
  4. Une promotion Amazon,
  5. Un volume de ventes satisfaisant,
  6. De bonnes critiques,
  7. De très gentils retours de lecteurs, il est très agréable de pouvoir échanger avec d’autres écrivains,
  8. Deux romans supplémentaires écrits.

À noter : je ne suis jamais passé par les espaces publicitaires payants proposés par les nombreux sites et plateformes parlant d’auto-édition, donc je me tairai sur les retours de ces moyens promotionnels.