La fable est une sagesse déguisée, une vérité glissée dans le pelage d’un renard ou sous la plume d’un corbeau. C’est un genre ancien comme la parole elle-même, un récit bref, souvent en vers, où les animaux prennent la parole pour parler des hommes. Mais derrière la légèreté apparente, la fable juge, instruit, murmure à l’oreille du lecteur une leçon profonde, parfois cruelle, toujours fine.
Elle ne crie pas, la fable. Elle insinue. Elle préfère le détour à l’attaque frontale, l’image au discours, l’allégorie au sermon. Elle peut être moqueuse, ironique, grave ou rêveuse, mais elle vise juste. D’un trait léger, elle dessine la comédie humaine, en souligne les travers, les petitesses, les grandeurs aussi. À travers un loup, un agneau, un lion ou une fourmi, c’est l’éternel théâtre du pouvoir, de l’orgueil, de la ruse ou de la solidarité qui se rejoue.
La fable s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes – car si le jeune lecteur y trouve des personnages colorés et des histoires vives, l’adulte, lui, y décèle une critique du monde, une lucidité dissimulée sous la poésie.
Elle appartient à un héritage littéraire immense, de l’Antiquité à nos jours, et continue pourtant de se renouveler. Car notre époque, elle aussi, a besoin de paraboles, de récits courts qui éclairent sans assommer, qui instruisent sans prétention.
Aujourd’hui encore, certaines maisons d’édition perpétuent cet art subtil. Elles publient des recueils de fables classiques ou contemporaines, illustrées ou réinventées, et offrent au lecteur moderne l’occasion de redécouvrir ce genre vif, intelligent, et profondément humain. Grâce à elles, la fable poursuit son chemin discret dans le paysage littéraire – fine comme une flèche, douce comme une voix d’enfant, mais chargée d’un sens que seul le silence sait entendre.
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